Applications de méditation : pourquoi on abandonne au bout de dix jours

Le scénario est presque toujours le même. Un soir difficile de trop, on télécharge l'application dont tout le monde parle. Les trois premiers jours, on est plutôt fière. Le quatrième, on la fait à moitié. Le sixième, on l'oublie. Le dixième, l'application envoie une notification pour rappeler qu'on a rompu sa série, et cette notification fait vaguement mal.

Ensuite on se dit qu'on n'est pas quelqu'un de très discipliné. C'est la conclusion la plus courante, et à mon avis la plus injuste.

D'abord, ce n'est pas une critique de la méditation

Soyons clairs dès le départ. La méditation aide beaucoup de gens, depuis très longtemps. Ce n'est pas une mode, et je ne vais pas expliquer ici que ça ne sert à rien.

Les applications, elles aussi, sont souvent très bien faites. Les voix sont agréables, les programmes sont bien construits, les gens qui les enregistrent savent ce qu'ils font. Si l'une d'elles vous convient, gardez-la, cet article ne vous concerne pas.

La question est ailleurs : pourquoi tant de personnes motivées, qui en avaient vraiment besoin, arrêtent-elles au bout de dix jours ? Il y a des raisons concrètes, et aucune ne s'appelle « manque de volonté ».

Le paradoxe de l'objet

Pour vous détacher de votre téléphone, il faut ouvrir votre téléphone.

Dit comme ça, c'est presque comique. Mais regardez ce que vous traversez pour lancer une séance de dix minutes : vous déverrouillez l'écran, et là il y a déjà quatre messages non lus, une pastille rouge sur la messagerie, un titre d'actualité que vous n'aviez pas demandé. Vous n'avez pas encore appuyé sur « lecture » que votre tête a repris trois dossiers.

L'objet qui doit vous calmer est exactement celui qui vous tient éveillée le reste de la soirée. On lui demande de jouer deux rôles opposés.

Une seule notification suffit

Vous avez lancé la séance. Vous êtes allongée. La voix vous demande de relâcher les épaules. À la quatrième minute, le téléphone vibre sur la table de nuit.

Vous n'avez pas regardé. Mais c'est fini. Vous vous demandez qui c'est, si c'est important, si c'est votre mère, si c'est le travail. Et vous vous en voulez de vous poser la question, ce qui ajoute une couche par-dessus.

Oui, on peut couper les notifications. Vous le savez déjà. Mais il faut y penser chaque soir, ou accepter de ne pas être joignable, ce que beaucoup de femmes qui ont des enfants ou des parents âgés ne feront pas. Le réglage existe ; dans la vraie vie, il tient rarement.

Le mauvais moment de la journée

C'est la raison principale, et la moins dite.

Une séance guidée demande de l'attention. Il faut suivre une voix, comprendre une consigne, la faire, revenir quand l'esprit part ailleurs. C'est un travail. Un travail doux, mais un travail.

Or vous le programmez à vingt-deux heures trente, après une journée où vous avez décidé, arbitré, répondu, organisé et géré des choses depuis six heures du matin. Au moment précis où il ne vous reste plus rien à donner, on vous demande encore un effort d'attention.

C'est pour ça que ça tient trois jours. Pas dix ans. Trois jours, parce qu'au début l'élan compense. Et le jour où l'élan retombe, la séance devient une tâche de plus — la dernière de la journée, celle qu'on saute.

Quand se concentrer sur ses sensations met en alerte

Il y a autre chose dont on parle peu, et qui mérite d'être dite simplement.

Beaucoup de séances demandent de porter son attention sur le corps : la respiration, les battements du cœur, les tensions. Pour beaucoup de gens, c'est apaisant.

Pour d'autres, c'est l'inverse. Se concentrer sur son souffle le rend irrégulier. Écouter son cœur le fait paraître trop rapide. On se retrouve à surveiller son corps au lieu de se détendre, plus en alerte qu'avant de commencer.

Si vous avez vécu ça, sachez que ce n'est ni rare ni bizarre. Vous ne vous y prenez pas mal. Ce type d'exercice ne convient simplement pas à tout le monde, et il n'y a rien à forcer. Si une pratique vous met systématiquement mal à l'aise, c'est une bonne raison d'en parler à un professionnel plutôt que d'insister seule.

Bonne direction, mauvais format

Voilà ce que je retiens de tout ça. L'intuition qui vous a fait télécharger l'application était juste : il vous manque un moment où la journée s'arrête. Ça, c'est la bonne direction.

Ce qui n'a pas marché, c'est le format. Un format qui passe par l'écran, qui demande de l'attention, qui peut être interrompu, et qui vous compte les points pour vous rappeler que vous avez arrêté.

Ce qui tient dans la durée, c'est en général l'inverse : quelque chose de court, toujours pareil, qui ne demande aucune performance, et qui se termine tout seul sans que vous ayez à décider quand arrêter. Ça dépend des gens, et rien ne convient à tout le monde. Mais si vous avez déjà abandonné trois applications, la piste à explorer n'est peut-être pas une quatrième application.

Si vous cherchez une façon de marquer la fin de votre journée sans ajouter une tâche de plus, c'est l'idée derrière Silensa : deux clips sur les lobes, quinze minutes, puis l'appareil s'arrête tout seul. Ce n'est pas un médicament et ça ne remplace pas un avis médical.

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de troubles du sommeil ou d'anxiété persistants, parlez-en à votre médecin.

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