Après 40 ans : pourquoi les soirées deviennent parfois plus difficiles

Il y a une phrase que j’entends très souvent, et que j’ai dite moi-même : « Avant, je dormais partout, n’importe quand. Je ne comprends pas ce qui a changé. »

C’est vrai que quelque chose change. Beaucoup de femmes le remarquent autour de la quarantaine. Les soirées deviennent plus longues, le sommeil moins évident, les réveils au milieu de la nuit plus fréquents.

Je vais en parler avec prudence, parce que c’est un sujet où l’on lit beaucoup de bêtises. Je ne suis pas médecin. Je ne vais donc rien vous expliquer sur votre corps que je ne sois pas en mesure de savoir. En revanche, je peux parler de ce qui se passe entre vingt heures et minuit, et ça, j’en ai une certaine expérience.

Le sommeil change avec l’âge, et c’est banal

C’est une chose connue et globalement partagée : avec les années, le sommeil devient souvent plus léger et plus fragmenté. On se réveille plus facilement. Un bruit dans la rue, un mouvement du conjoint, une envie d’aller aux toilettes suffisent parfois à interrompre la nuit.

Ça n’a rien d’anormal en soi. Ce n’est pas un signe que quelque chose se casse. C’est une évolution, comme la vue de près qui devient moins confortable.

Ce qui rend la chose pénible, ce n’est souvent pas le réveil lui-même. C’est ce qu’on en fait. Se réveiller à trois heures, c’est ordinaire. Se réveiller à trois heures et repartir immédiatement dans la liste des choses à gérer, c’est autre chose.

La périménopause : le bon interlocuteur, c’est votre médecin

La périménopause est cette période de transition qui précède la ménopause, et elle peut s’accompagner de nuits perturbées. C’est une chose reconnue et fréquemment évoquée par les femmes concernées.

Je m’arrête là, volontairement. Pas parce que le sujet n’est pas important, au contraire : parce qu’il est trop important pour être abordé en trois lignes sur une boutique en ligne. Ce qui se passe dans votre corps, ce qui est lié à quoi, ce qui existe comme accompagnement : tout ça se discute avec un professionnel de santé qui vous connaît.

Si vos nuits se sont franchement dégradées, si ça dure, si ça pèse sur vos journées, prenez rendez-vous et dites-le simplement. Beaucoup de femmes n’en parlent pas, en pensant que ça fait partie du lot. C’est dommage. C’est exactement le genre de sujet pour lequel une consultation sert à quelque chose.

La charge mentale est souvent à son maximum à ce moment-là

Et il y a l’autre partie, celle dont on parle moins parce qu’elle n’est pas médicale.

Regardez où en est une vie autour de la quarantaine. Les enfants sont grands, mais leurs sujets sont devenus plus lourds : l’orientation, les amis, l’écran, ce qu’ils ne racontent plus. Le travail est à un moment où l’on porte des responsabilités, avec des gens qui dépendent de nous. Les parents vieillissent, et on commence à s’en occuper. Le couple, s’il y en a un, a besoin d’attention lui aussi. Les papiers, la maison, l’argent, tout ça continue.

Ce n’est pas une plainte, c’est une description. Beaucoup de femmes n’ont jamais eu autant de choses à tenir en même temps qu’à cette période précise de leur vie.

Alors quand le soir arrive et que le calme se fait, il y a simplement plus de matière à remonter qu’à vingt-cinq ans. Ce n’est pas mystérieux.

Le vrai problème : il n’y a plus de soirée

Voilà ce que j’ai constaté chez moi, et que j’entends souvent.

À un moment, la soirée a disparu. Il ne restait plus que deux blocs collés l’un à l’autre : la fin des tâches, puis le lit. Rien entre les deux. On passe directement du rangement de la cuisine à la position allongée dans le noir, sans aucune transition.

C’est énorme comme différence. Un corps qui a couru toute la journée ne s’arrête pas net parce qu’on a éteint la lumière. Il lui faut un peu de temps, et ce temps a été supprimé du programme.

Reconstruire un morceau de soirée, c’est ce qui a eu le plus d’effet chez moi. Pas une heure de rituel compliqué. Vingt minutes qui ne servent à rien d’utile.

Des choses simples pour la soirée

Rien de révolutionnaire ici. Ce sont des habitudes que beaucoup de gens connaissent, et que j’applique de façon très imparfaite.

  • Une transition, même courte. Vingt minutes entre la dernière tâche et le lit, où l’on ne produit rien.
  • Baisser les lumières avant. Une lampe basse plutôt que le plafonnier, dans la dernière partie de la soirée.
  • Sortir la liste de sa tête. Écrire en vrac ce qui reste à faire demain, pour ne pas avoir à le retenir toute la nuit.
  • Une chambre plutôt fraîche. Beaucoup de gens dorment mieux dans une pièce qui n’est pas surchauffée.
  • Ne pas voir l’heure. Réveil tourné, téléphone ailleurs.
  • Se lever si ça dure. Plutôt que de rester à lutter dans le lit pendant une heure.

Ce que je voudrais surtout vous dire

Que vous n’êtes pas en train de mal vieillir, et que vous ne « devriez » rien du tout.

Il se trouve juste que la période de la vie où le sommeil devient naturellement plus fragile est aussi celle où l’on porte le plus de choses. Les deux se rencontrent, et ça se joue le soir, dans le silence.

Sur la partie corps et santé, allez voir votre médecin. C’est la seule personne qui puisse regarder votre situation à vous. Sur la partie soirée, en revanche, il y a de la marge, et ça ne demande pas grand-chose : rendre à la fin de journée un peu de la place qu’elle a perdue.

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